MARIE-CHANTAL

Je vous raconterais bien volontiers comment sa famille – issue de la très ancienne aristocratie champenoise – a su s’imposer dans le milieu bourgeois et se refaire une fortune à une époque – troublée – où les têtes de Sang-Bleu tombaient chaque jour sur les meilleures places de France et de Navarre comme la pluie tombe en Ardenne. Mais je ne suis pas une de ces Marie-Chantal endimanchées qui vont au Bricorama du Forum comme elles vont aux galas de charité le samedi soir. Galas au cours desquels elles se soûlent au Bollinger jusqu’à se taper le cul par terre, le tout contre un chèque à cinq chiffres pour une ONG dont elles ignorent tout. Voici, néanmoins, ce que je sais…

Elle a la cinquantaine. Ses talons – pas très hauts et plutôt sobres – martèlent le pavé de la cité et annoncent son arrivée comme les trois coups qui précèdent l’acte dramatique, soutenus par des parures joaillières surchargée qui s’entrechoquent dans un fracas métallique que l’on pourra illustrer d’un bédéesque BLING ! BLING ! En outre, elle arbore très fièrement un brushing gonflé, étiré, volumé, qui noie son visage sous une création-coiffure chiadée. Souvent, Marie-Chantal masque un tiers de son visage – déjà trop tiré, lui aussi – à l’aide de lunettes de soleil Gucci GG 2969S (celles dont l’argument de vente est – véridique ! – : « Portées par Mariah Carey, vous vous sentirez l’âme d’une star ! », la Mariah-Carey étant une des alternatives américaine à la Marie-Chantal). Ce modèle est assez peu polarisé pour que la Marie-Chantal sur le déclin puisse tout de même y voir quelque chose dans la grisâtre cité des Sacres. Priceless.

Ainsi, notre chère quinqua dynamique cultive le mystère derrière ses lunettes de star, vote à droite (sans toutefois franchir les derniers retranchements de l’UMP) et sera tout à fait prête à soutenir, de toute son âme, les exilés fiscaux bons vivants. Marie-Chantal n’a rien de semblable à la bourgeoise américaine bien vulgaire et bien tapée qui sucerait gratos pour rentrer, surexcitée, dans une boîte à chagrin de seconde zone avec de jeunes puceaux faciles à dégorgés, notamment grâce au ZODIAC qui lui sert désormais de bouche depuis qu’un chirurgien canadien s’est occupé de son cas pour pas cher dans un immeuble pourri de Rio. Non, Marie-Chantal c’est plutôt une nostalgique des années De Gaulle, Chirac, Sarkozy. Un peu radine mais bien propre sur elle, elle est souvent propriétaire d’un ou plusieurs appartements en centre-ville qu’elle loue à des étudiants pauvres et désespérés, peu regardants sur la salubrité des lieux. C’est comme ça qu’elle a réussi, Marie-Chantal ! Elle sait comment faire du fric depuis qu’elle est retraitée de l’Education Nationale. Souvent fille de commerçants, elle a le goût de l’argent facile et de l’arnaque bien emballée.

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